Jean-Baptiste Nataf Photographies
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Cette exposition a reçu le soutien de :

L'UPMC, Université Pierre et Marie Curie.

PICTO ON LINE, tirages photographiques en ligne de qualité professionnelle.

CHÂTEAU DE PRAVINS, vins biologiques de Bourgogne et Beaujolais.

212degrés, agence de communication digitale et universitaire.

En Islande

les vapeurs soufrées signalent la présence de forces immenses et souterraines. Ce sont elles qui ont créé tout ce qui s’offre au regard, on le comprend assez vite.

L'omniprésence de ces forces monumentales, les paysages qu'elles ont gravés et leurs ciels, miroirs vertigineux, les personnages, géants, géantes, elfes et fantômes, qu’elles ont sculptés, qu'elles ont parfois plantés face à la mer, là où aucun être humain ne pourrait tenir, tout interroge notre propre place dans l'espace et dans le temps.

Cela nous saisit dès le premier instant et ne nous quitte pas.

Échos

Dans ces îles sauvages encore plus qu'ailleurs, souvent le ciel, grand peintre des nuages, reproduit les silhouettes ou les volumes du paysage.

Quand on retrouve des formes similaires dans des lieux aussi éloignés que l'île d'Ouessant et l'Islande, la seule explication possible est que les vagues, le vent, les éruptions volcaniques et le froid recopient à leur tour les images portées par les nuages…

De temps en temps, de place en place, ils sculptent des personnages à forme humaine. Parfois ridicules ou grotesques. Se moqueraient-ils de nos prétentions ? Ou de nous tout simplement parce que nous sommes si petits et différents ? Ou bien parce que pour eux nous sommes des étrangers ? Peut-être n'ont-ils pas cette petitesse humaine et ne font-ils qu'œuvre d'art en écoutant leur regard.

J'espère en tout cas que l'écho en moi de ces paysages en écho entre eux trouvera un écho en vous.

le 22 février 2017

Le dernier jour de l'exposition, le samedi 20 mai, mes deux premiers et seuls visiteurs du matin ont été deux jeunes gens. Lui voulait la convaincre de faire un voyage en Islande. Elle avait peur du froid. Elle est mexicaine. Lui regarde avec moi les photos, je lui ouvre les vitres une par une pour éviter les reflets du cloître. Elle se tient plus à distance. A la fin elle me dit que mon exposition lui rappelle le respect pour les pierres que l'on a dans son pays, parce qu'elles sont porteuses d'une mémoire plus ancienne que celle des hommes. Cela m'a fait penser à un poème que j'avais écrit en 2011, adressé à une petite pierre volcanique d'Auvergne. Je l'ai trouvé dans un coin de mon téléphone et leur ai lu. Il n'y avait plus que nous trois, le cloître, son silence, son jardin, et ma voix qui parlait à la pierre; le courant d'air avait disparu.

Le poème est ici :